Myosite des muscles masticateurs

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Myosite des muscles masticateurs

La myosite des muscles masticateurs est une maladie auto-immune : des anticorps sont dirigés contre les muscles servant à la mastication.

Cette maladie est retrouvée en particulier chez le Berger Allemand et le Cavalier King Charles.

Elle apparaît en général chez le jeune adulte.

Les symptômes observés sont une douleur importante (les animaux résistent lorsqu'on essaye de leur ouvrir la gueule), de la fièvre, de l'anorexie, une hypersalivation et de l'abattement.

Au départ, les muscles de la mastication apparaissent très gonflés faisant sortir un peu les yeux de leurs orbites. Ce qui peut entraîner l'apparition d'ulcère sur la cornée et donc une douleur, une conjonctivite, un larmoiement …

Dans les formes plus chroniques, les muscles de la mastication diminuent de volume et deviennent fibreux, réduisant l'angle d'ouverture de la gueule.

Un traitement médical existe, mais il doit être instauré rapidement et de façon adéquate pour éviter les rechutes observées à l'arrêt de celui-ci.

Si le traitement n'est pas assez précoce, s'il est mal conduit ou en cas de rechutes, l'animal peut décéder, car avec la progression de la maladie il devient incapable de s'alimenter.

Le pronostic pour cette maladie est en général bon si le traitement médical est donc mis en place précocement et est bien mené.


Synonymes :


Dénomination Anglo-Saxonne:

Masticatory myositis


Etiologie et pathogénie

C’est une maladie auto-immune dans laquelle des anticorps sont dirigés contre les muscles masticateurs que sont les muscles temporaux, masséters et ptérygoïdiens. Les fibres musculaires qui composent ces muscles sont d’un type particulier appelé 2M. Ils possèdent donc une myosine spécifique, qui a une origine embryologique différente par rapport à celles des muscles appendiculaire. C’est ce qui explique que les muscles masticateurs soient les seuls atteints.


Epidémiologie

Race(s) concernée(s) :

Le Berger Allemand semble être la race la plus prédisposée à cette maladie. Cependant on peut la retrouver chez de nombreuses autres races de chiens, en particulier de grande taille. Chez le Cavalier King Charles il a été décrit une forme particulière juvénile au sein de plusieurs portées.

Berger Allemand Cavalier King Charles

Age d’apparition des symptômes :

Chez le jeune adulte, excepté chez le Cavalier King Charles pour lequel il existe une forme juvénile où les symptômes apparaissent vers 10-12 semaines.

Sexe :

/


Déterminisme héréditaire

Mode de transmission :

Non connu ce jour.

Locus atteint :

Mutation :



Expression clinique

Symptômes

L’atteinte musculaire est en général bilatérale. Les premiers symptômes observés peuvent être non spécifique : léthargie, anorexie, ptyalisme, adénopathie locorégionale (nœuds lymphatiques rétro-pharyngiens). Puis dans le cas de la forme aigue, on a apparition de symptômes plus caractéristiques qui consistent en une hypertrophie des muscles masticateurs et une myalgie. Du fait de l’hypertrophie de la masse musculaire on peut observer une exophtalmie entrainant une difficulté à cligner des yeux, un épiphora, une conjonctivite et/ou une kératite. Le signe le plus caractéristique est la douleur musculaire avec refus d’ouverture de la gueule. Dans le cas de la forme chronique, les chiens atteints ne sont plus douloureux mais présentent une amyotrophie sévère des muscles masticateurs, associée à de la fibrose qui entraine une diminution de l’angle d’ouverture de la gueule. L’atrophie musculaire peut cette foi ci entrainer une énophtalmie. 

Evolution :

Vers l’aggravation si aucun traitement n’est mis en place ou si celui-ci est mal conduit, avec des chiens qui ne peuvent plus du tout ouvrir la gueule et ne peuvent plus s’alimenter. Des rechutes sont possibles après l’arrêt du traitement.

Pronostic :

Il est en général favorable si le traitement médical est mis en place précocement et est bien mené, bien qu’une amyotrophie et un défaut d’ouverture de la gueule puisse persister.

Traitement :

Le traitement est médical est à visée immunosuppressive. Il doit être mis en place précocement et sur une longue durée pour éviter les rechutes à l’arrêt du traitement. Le traitement sera inefficace si une fibrose trop importante s’est mise en place.

Diagnostic

Ante-mortem

Imagerie : Possibilité de réaliser un IRM ou un Scanner de la tête pour mettre en évidence des images anormales au niveau des muscles masticateurs. Ce n’est pas l’examen le plus spécifique.

Analyse du LCS : Pas d'anomalie.

Histologie :
Biopsie des muscles masticateurs. Les images sont spécifiques : foyers de nécrose et de phagocytose des fibres 2M avec une infiltration endomysiale de cellules mononucléées.

Test génétique : NON

Autre :

Post-mortem

(Absent)

Pour en savoir plus

Pitcher GDC and Hahn CN, (2007). Atypical masticatory muscle myositis in three cavalier King Charles spaniel littermates. Journal of Small Animal Practice, Volume 48, Pages 226-228

Reiter AM and Schwarz T, (2007). Computed tomographic appearance of masticatory myositis in dogs: 7 cases (1999–2006). JAVMA, Volume 231, Numéro 6, Pages 924-930

Blot S, (2005). Myopathies des carnivores domestiques. EMC-Vétérinaire, Volume 2, pages 96 -117

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